Différence d’Éducation Filles Garçons : l'Influence du Genre

Différence d’Éducation Filles Garçons : l'Influence du Genre

Différence d’éducation filles-garçons : l’influence du genre

difference-education-garcon-filleExiste-t-il une différence d’éducation filles-garçons ? La question est plus complexe qu’il n’y paraît, car la construction identitaire d’un enfant se nourrit de nombreux petits détails qui semblent anodins mais qui finissent par entretenir les stéréotypes de genre. Au delà du classique “le bleu pour les garçons, le rose pour les filles”, nous participons sans le vouloir à la construction de clichés sexistes. Alors qu’est-ce qui explique cette éducation différenciée et comment adapter ses pratiques éducatives pour plus d’égalité filles-garçons ?

Stéréotypes de genre : comprendre avant d’agir

Les filles sont aimables, généreuses, empathiques, calmes et douces. Les garçons sont pour leur part courageux, énergiques, indépendants, confiants et forts. Caractéristiques physiologiques et lois de la génétique, toutes les raisons sont bonnes pour justifier ces différences de caractères et d’aptitudes. C’est bien connu : les hommes sont virils et les femmes féminines !

Pourtant, historiens, anthropologues ou encore sociologues démontrent grâce aux études de genre que la définition que nous donnons au masculin et au féminin varie au fil du temps et des cultures. Hommes et femmes ne se comportent pas de la même manière aujourd’hui qu’il y a un siècle ou même quelques décennies. Les spécificités biologiques, elles, sont immuables.

Finalement, quelle est la différence entre le sexe et le genre ? Le sexe d’un enfant, fille ou garçon, est déterminé à sa naissance. Le genre, quant à lui, relève des caractéristiques attribuées de manière arbitraire à chaque sexe : masculin ou féminin. Les stéréotypes de genre regroupent ainsi l’ensemble de ces idées préconçues.

Différence d’éducation filles-garçons : une socialisation genrée

De nombreux travaux scientifiques mettent en lumière l’influence des stéréotypes de genre sur l’éducation que nous donnons à nos enfants. Une étude publiée en 2016 dans la revue BMC Psychology révèle les représentations que les adultes peuvent avoir lorsqu’un bébé de trois mois pleure. Ils sont persuadés (à tort) que les cris des bébés filles sont plus aigus que ceux des garçons du même âge, et que les pleurs d’un bébé de sexe masculin expriment plus d’inconfort que celui d’une fille.

Une autre étude, publiée cette fois en 2017 dans la revue Science, dévoile l’opinion négative que les petites filles de 6 ans ont d’elles-mêmes. Elles se considèrent déjà comme moins intelligentes, quel que soit leur origine ethnique ou leur niveau socioéconomique.

differences-education-filles-garcons-dinetteCatherine Vidal, neurobiologiste et ancienne directrice de l’Institut Pasteur, démontre en réalité qu’il existe chez tous les individus une “plasticité cérébrale” au fil des apprentissages et des expériences de la vie. Ses travaux indiquent qu’il n’y a pas de différence anatomique entre le cerveau d’une fille et celui d’un garçon, en dehors des fonctions physiologiques de la reproduction. C’est la société, l’environnement et le vécu propre à chaque enfant qui conditionnent sa personnalité et ses compétences.

Par conséquent, nous contribuons nous aussi aux différences d’éducation filles-garçons à travers :

  • les activités que nous leur proposons ;
  • les jouets que nous leurs offrons ;
  • le discours que nous tenons ;
  • nos suggestions et nos conseils.

Dès leur plus jeune âge, les enfants observent et intériorisent ce qu’ils considèrent être des comportements appropriés. Certains codes sociaux véhiculés au sein de la famille, à l’école ou dans les médias deviennent des injonctions explicites ou implicites et exercent une véritable pression sur eux. Les différences filles-garçons sont donc acquises, et pas innées. Cela conditionne leurs interactions sociales et leur avenir.

Les enjeux d’une éducation à l’égalité filles-garçons

Le constat est assez triste : en France, les femmes occupent seulement un tiers des postes du domaine scientifique. Elles sont beaucoup moins nombreuses que les hommes à occuper des positions de pouvoir dans la société, en politique ou au sein des entreprises. Lorsqu’elles réussissent à atteindre des postes de dirigeantes, les femmes sont payées 32 % de moins que les hommes. Par ailleurs, les relations hommes-femmes sont teintées de rapports de domination et de violence.

Bien souvent, on pense que la déconstruction des stéréotypes de genre est surtout bénéfique pour les filles. Toutefois, filles ET garçons pâtissent des représentations sexistes qu’on entretient dès leur naissance à travers une éducation différenciée. Rappelons qu’un garçon doit être solide, sûr de lui et ne jamais pleurer. Quel rôle à tenir, surtout dans les nombreux moments de peine et de doute qui parsèment la vie d’un individu ! À l’adolescence, on constate que les garçons prennent moins soin de leur santé que les filles et qu’ils adoptent davantage des comportements violents et à risque.

Dépasser les injonctions liées au genre et limiter la différence d’éducation filles-garçons permettrait alors :

  • d’améliorer l’estime de soi ;
  • d’accroître la confiance en soi ;
  • de renforcer le respect mutuel entre filles et garçons ;
  • de réduire les inégalités filles-garçons en termes d’orientation scolaire et professionnelle ;
  • de réduire les discriminations à l’égard des femmes dans de nombreux domaines.

Comment lutter contre les stéréotypes de genre ?

difference-education-garcons-filles-rugbyDépasser la différence d’éducation filles-garçons est difficile. Cela fait partie de nos schémas de pensée et de notre propre héritage familial. Même en étant conscient de cela, le stress, le regard des autres et la pression sociale peuvent accroître notre besoin de nous conformer à des normes complexes à remettre en cause.

Néanmoins, il est tout à fait possible d’inverser cette tendance au quotidien avec nos enfants, et ce depuis leur plus jeune âge. Pour cela, deux outils sont nécessaires : du temps et de la réflexion. Voici quelques pistes pour vous permettre d’adopter des pratiques éducatives qui valorisent l’égalité filles-garçons :

1. Faites le point sur vos propres croyances et idées reçues. Prenez le temps d’analyser vos réactions face au comportement et aux paroles de votre enfant. Auriez-vous dit la même à chose à votre fille s’il s’agissait en fait de votre fils ?

2. Favorisez au maximum la mixité et donnez accès aux mêmes activités lorsque votre enfant s’amuse avec d’autres camarades. De la même manière, laissez-le choisir le jouet qu’il préfère, sans l’influencer ou émettre de jugement.

3. Diversifiez les rôles au sein de votre couple, afin de montrer qu’aucun parent n’est condamné à une tâche spécifique. Cuisine, ménage, bricolage, aide aux devoirs ou gestion des loisirs : répartissez de manière aléatoire et égalitaire les responsabilités.

4. Choisissez des lectures qui mettent en avant la différence, la tolérance et la mixité. Évitez les ouvrages catalogués “pour filles” ou “pour garçons”.

5. Discutez avec votre enfant s’il vous relate une situation de discrimination, à l’école ou avec ses pairs. Comprendre qu’il existe des préjugés permet de mieux les affronter !

Enfin, retenez le plus important : l’objectif n’est pas d’être parfait, mais juste d’être actif dans la lutte pour l’égalité filles-garçons.

La différence d’éducation filles-garçons constitue un véritable obstacle à l’épanouissement de l’enfant car elle se nourrit des stéréotypes de genre. Tout compte fait, prendre conscience d’un déterminisme genré permet de dévoiler un infini champ des possibles pour nos enfants ! Libérés du carcan de la masculinité et de la féminité, ils pourront ainsi grandir tels qu’ils le souhaitent et tels qu’ils sont réellement.

Amirah Vavoda

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